En 1947, la gare de Vitré est encore un vrai nœud ferroviaire. Construite entre 1855 et 1857 par l'architecte Victor Lenoir, qui choisit délibérément le style néo-gothique pour que l'édifice s'inscrive dans le paysage médiéval de la ville, elle est alors le point de départ de trois lignes : Paris-Brest, Fougères, La Guerche-de-Bretagne. La ligne de Fougères, ouverte en 1867, ne s'arrêtait d'ailleurs pas là : elle montait jusqu'à Pontorson et au Mont Saint-Michel.
Depuis le ciel de l'IGN, c'est surtout une infrastructure industrielle qui frappe : voies de triage multiples, wagons de marchandises alignés, quais couverts, entrepôts. La gare se nourrit autant du fret que des voyageurs.
Ce que 1972 a emporté
Les deux lignes secondaires ferment aux voyageurs en 1972, faute de fréquentation. Sur la ligne de Fougères, on ne comptait plus qu'une quinzaine de voyageurs par jour. Les voies de triage ont disparu, remplacées par deux voies principales où passent TER et TGV. L'ancien tracé vers Fougères n'a pas été effacé pour autant : il est devenu une voie verte, inaugurée en 2018, et sa trace reste parfaitement lisible depuis le ciel.
Côté ville, la place a été entièrement restructurée : parking, espaces verts, passerelle moderne au-dessus des voies. La gare néo-gothique, inscrite au titre des monuments historiques le 29 octobre 1975 et dont les façades ont été restaurées en 2009 et 2010, est là, intacte.
Ce qui a changé, c'est la vocation. D'un nœud industriel et commercial, Vitré est devenue une gare de pendulaires.
- Site
- Gare de Vitré, 35500 Vitré, Ille-et-Vilaine
- Architecte
- Victor Lenoir, également auteur de l'ancienne gare Montparnasse
- Construction
- 1855 – 1857, style néo-gothique, tuffeau et brique
- Protection
- Inscrite au titre des monuments historiques le 29 octobre 1975
- Cliché ancien
- IGN, mission aérienne de 1947, consultable sur le portail Remonter le temps
- Prise de vue
- Drone, 2026, recalée sur l'angle et l'altitude du cliché IGN
- Texte
- Elouann Riou
Un extrait, parmi seize
La gare est l'un des seize sites vitréens réunis dans la revue Mémoires du Ciel · Vitré, à paraître en 2027. Les quinze autres confrontations, du Jardin du Parc à la Rue du Rachapt, resteront réservées à l'édition imprimée. Le calendrier grand format, lui, est disponible dès maintenant.